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🛩 Des drones au-dessus de Gaza 😰

Crédit visuel : Jana Traboulsi via Formes des luttes ;
Crédit vidéo : Printemps du CARE avec le témoignage de Khaled

Alors qu’une trêve de 4 jours a été négociée cette nuit, prévoyant notamment à la suspension des vols de drones (seulement) 6 heures par jour, nous relayons ce texte de Shahd Safi paru dans We are not numbers, que nous avons traduit :

« Drones au-dessus de Gaza

Le bruit constant des avions sans pilote provoque des maux de tête, de l’irritabilité et des insomnies, et peut littéralement rendre fou.

Toujours, toujours, le bourdonnement.

Le gémissement incessant des drones plane dans le ciel de Gaza 24 heures sur 24, tous les jours.

Les drones ne sont pas une nouveauté pour les habitants de Gaza. Ils sont régulièrement utilisés par les FDI, ou, comme je les appelle, par les FOI – les forces d’occupation israéliennes – pour surveiller la vie quotidienne ici depuis de nombreuses années. Je m’étais presque habituée à leur bruit irritant, comme un moustique dans mon oreille. Mais c’était avant.

Depuis qu’Israël a imposé le bouclage après le 7 octobre, les drones ont proliféré en essaims mortels au-dessus de nos têtes. Aujourd’hui, leur bruit ressemble davantage à celui d’une tronçonneuse ou d’une moto. Le bruit constant provoque des maux de tête, de l’irritabilité et des insomnies, et peut littéralement rendre fou.

Pendant la journée, les drones ressemblent à deux triangles noirs ou bruns qui errent ensemble dans le ciel. Parfois, ils apparaissent très petits, mais même ces minuscules triangles éloignés peuvent mettre votre vie en danger en quelques secondes. Contrairement aux avions de guerre qui s’annoncent bruyamment, lorsqu’un drone frappe, vous ne savez pas qu’il arrive. Soudain, quelque chose – peut-être vous – explose. Parfois, ils ressemblent à des oiseaux volant lentement. On aimerait qu’ils soient des oiseaux. Même les oiseaux les plus dangereux sont plus miséricordieux.

Nous avons récemment confirmé que des drones américains hautement sophistiqués, pilotés par du personnel militaire américain, tournent désormais au-dessus de Gaza. Les États-Unis affirment que ces drones ne sont pas armés et qu’ils sont destinés à localiser des otages et à empêcher une nouvelle escalade entre Israël et le Hamas. Mais pour les Palestiniens, ces drones semblent protéger Israël, qui poursuit le génocide de notre peuple.

Une conversation de famille

« Chaque fois que j’entends un drone s’approcher, j’ai très peur », dit ma mère bien-aimée. « Mon cÅ“ur se met à battre rapidement et mon corps se refroidit. Je me demande sur qui il va tirer. Je suis toujours terrifiée à l’idée qu’il s’agisse d’un de mes enfants ou d’un membre de ma famille. »

« Je me souviens que je n’ai pas pu étudier à plusieurs reprises à cause du bourdonnement des drones », ajoute ma cousine, Hala. « J’espère qu’un jour ils quitteront notre ciel ».

« D’une certaine manière, j’arrive à supporter le bruit », ajoute ma cousine Nada. « Lorsque j’ai voyagé en Égypte, enfant, la première chose que j’ai remarquée, c’est que je n’entendais pas les drones bruyants. Maintenant que je suis plus âgée, je n’ai pas de problème avec le bruit et leur présence, je m’y suis habituée. Ce qui ne me convient pas, c’est la tuerie, les bombardements ».

« Les drones et les avions de guerre sont beaux la nuit, ils brillent comme des étoiles et sont parfois éclairés en orange, mais ce qu’ils font est très laid », dit le cousin Mohammed « J’espère qu’ils ne me tueront pas ».

Chaque fois que les drones s’approchent et que le bruit s’intensifie, Mohammed me dit qu’il a peur. Je lui mens : « Quand le bruit devient très fort, nous devrions être rassurés sur le fait que nous ne serons pas bombardés. C’est fort parce que lorsqu’ils sont juste au-dessus de nous, les drones et les avions tirent sur ce qui se trouve devant eux, pas sur ce qui se trouve juste en dessous. »

C’est quelque chose que je me dis depuis que je suis enfant, même si maintenant je me sens coupable quand je le dis à Mohammed, parce que je sais que ce n’est pas vrai. Si jamais un drone frappe, il ne saura jamais qu’il arrive.

Notre ciel périlleux

Le ciel de notre planète est si contradictoire ! Il accueille de si beaux oiseaux et des avions de ligne qui nous emmènent autour du monde, mais il est aussi le théâtre des armes les plus meurtrières de la planète. Je me demande si le ciel de Vénus est plus clément. Où les Palestiniens peuvent-ils se rendre sous ce ciel périlleux ?

PS Un collègue de WANN, Hossam Wail Abo-Shammallah, a enregistré une vidéo du son du drone. Écoutez-la avec vos écouteurs et imaginez que vous ne pourrez jamais les enlever. »

Shahd Safi, depuis la bande de Gaza

#StopGenocideInGaza
#CeaseFireNow