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🇵🇸 La guerre de la faim 🥔

Photo d'Ashraf Amra. Des Palestiniens déplacés, vivant dans un camp de tentes dans la ville de Deir Al-Balah, luttant avec des ressources limitées et des conditions difficiles, attendent de recevoir de la soupe distribuée par des bénévoles à Deir Al-Balah, Gaza, le 9 décembre 2023.
Crédit : Ashraf Amra

La catastrophe humanitaire dans la bande de Gaza est sans prĂ©cĂ©dent. 

Depuis la fin de la trĂŞve, avec l’intensification des bombardements et les restrictions de circulation, seulement 100 camions entrent chaque jour d’Egypte (contre 500 avant la guerre) et la distribution de l’aide humanitaire se fait dĂ©sormais exclusivement Ă  Rafah. La famine menace toute la bande de Gaza, particulièrement la population dans le nord : 97% des foyers vivant dans le nord (secteurs de Gaza ville et nord de Gaza) manquent de nourriture, 85% dans le sud (secteurs de Deir Al-Balah, Khan Younes et Rafah), 48% souffrent de faim sĂ©vère dans le nord, 38% dans le sud. (1)

Les Gazaouis doivent faire la queue pendant des heures devant les centres d’aide humanitaire pour espĂ©rer trouver de quoi manger. A Rafah, la distribution alimentaire est organisĂ©e en fonction du nombre de personnes vivant dans chaque mĂ©nage : les premiers Ă  recevoir de la nourriture sont les foyers comptant le plus grand nombre de personnes, puis la distribution se poursuit decrescendo jusqu’Ă  se terminer par les personnes seules. Les familles de 10 Ă  12 membres reçoivent 4 sacs de 25 kg de farine, les familles de 7 Ă  9 personnes 3 sacs, les familles de 4 Ă  6 personnes 2 sacs, les foyers de 1 Ă  3 personnes 1 sac. Il faut donc attendre de nombreux jours avant que ce soit son tour de recevoir cet aliment de base. Les premiers Ă  avoir reçu de la farine devront donc attendre peut-ĂŞtre 1 mois que les personnes vivant seules soient servies avant de pouvoir en bĂ©nĂ©ficier de nouveau. Cela signifie de longs jours sans manger pour de très nombreux Gazaoui•es… Les quantitĂ©s distribuĂ©es sont donc extrĂŞmement insuffisantes au regard des besoins. C’est pourquoi des vols de nourriture et des bagarres sont rapportĂ©s.

Pour les rares personnes qui auraient encore de quoi acheter de la nourriture (sachant que le salaire journalier des Gazaouis n’excĂ©dait pas 20 shekels et qu’il est impossible de recevoir de l’argent de l’Ă©tranger), les prix des aliments flambent et ne cessent d’augmenter, s’avĂ©rant inabordables pour la majoritĂ© de la population. Ainsi, le sac de 25 kg de farine coĂ»te maintenant 300 shekels Ă  Rafah, 400 ou 450 shekels Ă  Khan Younès, 600 shekels dans la Middle area et 900 shekels dans la ville de Gaza et le nord ; avant la guerre il coĂ»tait 38 shekels. Le kilo de sel coĂ»te dĂ©sormais 40 shekels (11$) contre 1 shekel avant ; le kilo de pommes de terre coĂ»te 12 shekels ; le kilo d’oranges (c’est la pleine saison) 5 shekels, il y a 5 jours 7 shekels, avant-hier 8 shekels ; le kilo de clĂ©mentines 12 shekels contre 3 ou 4 avant ; 1 kg de concombre 10 shekels ; les 3 litres d’huile valent 50 shekels. Les oeufs sont rares, la viande très chère.

L’accès Ă  l’eau est Ă©galement toujours très problĂ©matique. Dans le nord, l’accès Ă  l’eau potable et Ă  usage domestique ne s’est pratiquement pas amĂ©liorĂ©, les risques de maladies d’origine hydrique sont grands.  

« Forcer la population civile à s’installer dans des zones de plus en plus restreintes où les conditions de sécurité, d’abri, de nutrition et d’hygiène ne sont pas réunies est physiquement impossible et n’est absolument pas viable d’un point de vue humanitaire. Ce n’est tout simplement pas conforme au DIH (Droit International Humanitaire) et pourrait donc en constituer une grave violation. » selon Médecins du Monde (2).

#StopGenocideInGaza
#CeaseFireNow
#CessezLeFeuImmediatEtPermanent